Un tissu plus opulent

d’Ariel Frailich

Ce mois-ci, j’aimerais expliquer pourquoi j’emploie des analogies du monde réel (voir Paroles, paroles), et expliquer comment j’essaie de rendre mes présentations plus prenantes et plus mémorables.

En général, les gens se souviennent mieux de choses qui ont trait à leur vies. La magie ne fait pas partie de la vie des gens, ce qui fait qu’il a plutôt peu de chances qu’ils se souviendront pendant lontemps d’un tour ou d’un numéro — et donc, du magicien.

Si je présente un tour comme une démonstration de ce que les accessoires sont capables de faire — ‘ces as peuvent se retourner magiquement‘ — il n’y a pas de raison pour le public de se souvenir de moi ou du tour. Dans le monde réel, les cartes ne se retournent pas d’elles-mêmes, et de toute façon. la plupart des gens s’ intéressent très peu aux cartes en soi, même s’il s’agit de joueurs. L’effet général est de nature intellectuelle, mais pour être mémorable, l’effet doit parler aux émotions; ce n’est qu’alors qu’il peut mettre en marche l’imagination et laisser une impression durable.

Comme j’ai déjà expliqué auparavant, je commence par chercher une analogie entre l’effet d’un tour et la vie réelle. Par example, dans le tour ‘DIY Ambitious Card’ (dans mon livre, Card Stories), il est question de semer des graines et de faire pousser des fleurs. Ce genre d’analogies ne sont pas difficiles à trouver; il suffit de s’entraîner à en trouver.

Vous pouvez très bien demander ici: les semences et les fleurs sont-elles plus intéressantes que les cartes à jouer? La réponse est, bien sûr, non, elles ne le sont pas. Pour rendre une présentation intéressante, les caractères doivent être humains, parce que, en général, les gens s’intéressent plus à d’autres humains qu’à n’importe quoi d’autre (hormis eux-mêmes). Dans ‘DIY Ambitious Card’, l’histoire tourne autour de l’émerveillement d’un petit garçon. Ceci fournit ce qu’on appelle un ‘crochet émotif’ qui aidera à mieux ancrer l’effet — et moi, j’espère! — dans la mémoire du spectateur.

Un dernier élément est nécessaire pour rendre une présentation vraiment prenante: une raison pour la marche de l’histoire (et donc du tour). Pour celà, j’emploie souvent une technique de dramaturge. Cela fonctionne comme ceci:

  • le héros veut atteindre un but
  • le héros rencontre des obstacles
  • le héros triomphe

Cette technique très puissante fonctionne extrêmement bien pour la magie, du moment qu’un but peut être défini. Le magicien emploie alors ses pouvoirs pour surmonter les obstacles.

Pour finir, voice un merveilleux exemple de ce genre de présentation: ‘In the News’, de Don Dunn.